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La Douleur: Lecture Critique et Avis d'Article.




La Douleur: Lecture Critique et Avis d'Article.

Le Prix de la Douleur

"J'ai mal… Est-ce que vous pouvez comprendre ça ?" interroge celui qui souffre…

La réponse est moins affirmative, elle manque de certitude, elle laisse place à des appréciations multiples, de la plus objective à la plus subjective.

Ainsi, le constat de la douleur est vécu comme un tir de sniper, il touche par surprise, il sidère tout le corps, l'impact de la balle n'est pas immédiat, il se propage à travers le corps en dessinant une tache de sang, il s'incarne, il se montre, il se désigne, il se situe dans sa géographie… la douleur offre alors une assurance d'existence, elle partage une cartographie.

C'est le royaume de l'antalgique. L'aspirine et la morphine objectivent cette démarche, elles confirment la conjonction de facteurs biologiques maîtrisables par la molécule chimique, il suffit presque de… pour que cesse le processus du facteur déclenchant. La douleur est alors la résultante d'une trajectoire repérée donc repérable, il faut l'arrêter dans son parcours en détruisant sa source. Cette version martiale se termine par la victoire du savoir de la science. Elle est l'affaire d'un combat avec sa mission, ses objectifs, ses résultats… et le débriefing qui sert de conclusion. Elle s'inscrit dans une médecine d'action, avec parfois une force de frappe chirurgicale. Cette causalité laisse peu de la place à l'interprétation, elle s'inscrit dans un consensus des plus complets, elle est unanime.

Cependant, la douleur est parfois indicible, elle se veut morale, elle est un long récit de culpabilités troublantes, d'incapacités morbides, d'incompréhensions mortifères, elle s'inscrit dans un destin où les dieux se vengent dans des combats fatales. Elle est un point de chute, d'appauvrissement de l'espace vital, elle devient littérature dans un apprentissage de la vie dont la douleur est son maître…

Dans un espace plus quotidien, cette souffrance existentielle est signe de pathologie par son isolement et son exil des autres… elle s'appelle "dépression" et sous toutes ses formes, elle demande guérison. Le traitement est classiquement chimique par le jeu des transmissions synaptiques qui a remplacé subtilement la mécanique des fluides humoraux, mais l'homme n'est pas qu'une "synergie d'échanges dopaminergiques"….

La douleur est un symptôme qui montre à voir la carte mentale et ses connexions au monde. Elle est un appel à l'aide de celui qui souffre, qui subit "quelque chose "qui l'envahit. Il est dans une longue complainte où la parole ouvre les portes de son enfermement. Reconnaître la douleur devient alors un enjeu car elle se décrypte comme un marqueur de la capacité du patient, à pouvoir "métaphoriser" sa souffrance afin de s'en détourner. Il est donc fondamental de pouvoir avoir une grille de lecture pour pouvoir y accéder. Son traitement  permet de transformer le patient en sujet, c'est le moment du changement de sa représentation du monde. Ce temps s'appelle la psychothérapie.

 

Dr B.



Laurent GROSS
Président du CHTIP, hypnothérapeute, Kinésithérapeute, Psychothérapeute. Rédacteur en chef. En savoir plus sur cet auteur

Rédigé le 13/11/2015 à 00:57 | Lu 176 fois modifié le 13/11/2015





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