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Ce que vous m’avez dit...Dr Adrian Chaboche


Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°54



« Ce que vous m’avez dit un jour a changé ma vie... Ah bon ? Je ne m’en rappelle pas ! »

« La musique c’est la négation des phrases, la musique c’est l’anti-mot. » Milan KUNDERA

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je me suis interrogé sur un fait clinique particulier que j’ai observé régulièrement au cours de ces années de pratique. Vous l’aurez certainement aussi rencontré. Il m’est apparu parfois subrepticement, à d’autres moments remarquables, frappants. Il survient en un instant si fugace qu’il pourrait nous échapper aussi facilement qu’il est inversement d’une importance décisive dans le traitement d’un patient. De ce moment précis, quelques secondes à peine, tout change, tout bascule pour lui... Comme s’il s’était passé quelque chose d’incroyable, mais à peine le remarquerait-on. Comment se fait-il qu’un tel moment dans le travail d’un patient nous semble si évanescent ?

Il en témoigne lui même : « Ce jour-là vous m’avez dit quelque chose, de si particulier, je n’ai pas compris tout de suite. Mais en sortant de la séance, tout était fait, le problème s’était résolu sans même que je ne sache à quel moment ça s’était passé vraiment. Mais je l’ai senti. »

Pour l’observer, il faut se munir d’une acuité clinique particulièrement intense. Normal, me direz-vous, à considérer que l’art de l’hypnose est celui de l’observation. Chaque patient nécessite une présence thérapeutique particulière. Une concentration totale sur lui qui doit conduire le praticien lui-même à entrer en état d’hypnose. Qui hypnose qui ? est une question évidente. L’hypnose survient par la focalisation sur une seule et même chose jusqu’à ce qu’un état particulier prenne place autant qu’une musique que l’on entend sans y prêter attention augmente de volume jusqu’à occuper tout l’espace. Sur quoi le praticien doit- il se concentrer lorsqu’il reçoit un patient portant sa plainte à ses oreilles ? Non pas sur la maladie mais bien sur la personne. C’est l’exercice même de l’approche thérapeutique de Carl Rogers centrée sur le patient et non sur la maladie.

Alors pour l’écouter lui il nous faut nous concentrer comme si nous parlions dans un environnement bruyant, afin de discerner l’essentiel de ce qu’il est. Sa plainte est un bruit de fond dans une pièce trop petite, elle envahit ses champs de vie, ses perceptions, ses actions. Parfois le patient et le praticien subissent la plainte comme assourdissante. Ils ne savent plus quoi faire. On ne se comprend pas, on se regarde et rien ne se fait, comme si les mots pour élaborer quelque chose de nouveau étaient remplacés par des maux bruyants. Le praticien s’égare en suivant le son des souffrances qui l’empêche de distinguer le chemin des possibles du patient. Ses ressources de changement sont inaudibles.

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Laurence ADJADJ
Dirige le Cabinet d'Hypnose, EMDR-IMO de Marseille 13006. Présidente de l'Institut de Formation en... En savoir plus sur cet auteur

Rédigé le 11/02/2020 à 17:23 | Lu 15 fois modifié le 11/02/2020





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