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Hypnose en salle de naissance. Delphine GERMAIN et Dr Véronique WAISBLAT


Revue Hypnose & Thérapies brèves n°49

Sage-femme et anesthésiste ensemble il y a plus de dix ans lors de l’accompagnement de Madame L., nous avons constaté le bénéfice de l’utilisation d’interventions hypnotiques en salle
de naissance.



Hypnose en salle de naissance. Delphine GERMAIN et Dr Véronique WAISBLAT
L’événement relaté ci-dessous nourrit notre réflexion sur l’amélioration de la vie quotidienne en salle de naissance, mais aussi sur le contraste avec le niveau de preuve scientifique donné par les études contrôlées randomisées.

En effet, les études quantitatives, y compris la dernière méta-analyse, avec leurs contraintes et leurs critères de jugement, ne parviennent pas à démontrer d’effets positifs des outils hypnotiques en obstétrique. Le point de vue des études qualitatives est différent. C’est dans cette lignée qui tient compte de l’expérience des patients que nous développons notre histoire, point d’appui pour détailler notre cadre d’intervention, les référentiels de notre pratique et la partie « sur mesure » centrée sur les patientes.

HISTOIRE DE MADAME L.
En 2006, Mme L., primigeste de 25 ans, consultait la sage-femme D.G. pour son suivi de grossesse mensuel. Le décès récent de son frère la plongeait dans une grande détresse. Elle souffrait de crises d’angoisse avec agoraphobie très invalidantes pour lesquelles elle bénéficiait d’un suivi psychologique. Au fur et à mesure des consultations, le lien thérapeutique de confiance s’était renforcé et Mme L., qui connaissait les dates de garde de la sage-femme, est opportunément arrivée pour accoucher lors d’une de ses gardes. Etre accompagnée pour son accouche- ment par la sage-femme qui avait fait son suivi de grossesse était d’un grand réconfort pour Mme L. car elle redoutait l’accouchement, les gestes techniques qui l’accompagnent, et était envahie par une peur immense qui grandissait au fur et à mesure de la mise en route du travail. Pour autant la sage-femme, qui n’était pas en- core formée à l’hypnose, malgré son attention bienveillante et son accompagne- ment compréhensif se sentait démunie pour soulager Mme L. de son agitation et de son anxiété grandissante.

A l’époque, l’anesthésiste V.W. avait bénéficié de quelques jours de formation à l’hypnose. Appelée en début de travail par la sage-femme, « juste pour discuter » avec la patiente, l’anesthésiste se souvient que Mme L., envahie par ses angoisses, était effrayée par l’analgésie péridurale. L’anesthésiste a alors offert un temps d’échange tel qu’elle l’avait appris en formation. Peu après, Mme L. a spontanément désiré bénéficier d’une péridurale. L’anesthésiste V.W. lui a demandé de s’asseoir sur la table d’accouchement puis de ne rien faire. Mme L. s’est laissée guider, le cathéter péridural a été très facile à poser. La sage-femme, qui ne savait pas encore ce qu’était une suggestion post-hypnotique, se souvient que l’anesthésiste a évoqué la possibilité pour Mme L. de retrouver plus tard cet état de bien- être. Le pansement terminé, la patiente était toujours « ailleurs », elle n’a pas cru que le cathéter péridural était déjà en place. « En réalité, je ne suis pas anesthésiste, je suis magicienne ! », a lancé l’anesthésiste. Ces mots dits pour plaisanter ont déclenché à nouveau la panique de la patiente et l’anesthésiste se souvient de son erreur. Elle a assuré qu’elle était vraiment anesthésiste, que la péridurale était bien en place, la patiente s’est détendue. Cette patiente retrouvée après dix années nous relate ainsi ce dont elle se souvient : « La pose de ma péridurale s’est très bien passée, alors qu’au point de départ je ne voulais pas d’anesthésie. Mais elle [l’anesthésiste] est venue et m’a fait faire des choses, j’étais un peu comme sous hypnose. Je n’ai pas trop compris comment elle avait réussi à faire ça, cette histoire de bougie... Du coup mon accouchement s’est passé dans des conditions idéales. » La proposition avait été de souffler douce- ment sur une bougie pour allumer la flamme de la vie de son bébé. Pour chacune des trois actrices de cette vignette clinique, le sou- venir les a accompagnées et persiste plus de dix années après, fort et chaleureux.







Rédigé le 07/08/2018 à 11:05 | Lu 15 fois modifié le 07/08/2018





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