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Le temps de la douleur chronique. Pr André Muller


Itinéraire sensible d’un expert



Le temps de la douleur chronique. Pr André Muller
C’est égoïstement que j’aimerais faire part de mon expérience. Médecin anesthésiste-réanimateur, agrégé de thérapeutique, algologue, je m’occupe de patients douloureux chroniques depuis près de quarante ans. Bien au fait des différences qui existent entre une douleur aiguë et une douleur chronique, j’ai toujours pris le temps d’expliquer à mes patients ces différences, insistant sur le fait que ce n’est qu’exceptionnellement que l’on peut « réduire à zéro » une douleur chronique, et qu’au mieux on peut espérer, grâce à une prise en charge pluriprofessionnelle, une amélioration suffisante pour rendre le quotidien vivable. La douleur chronique n’est pas simplement une douleur aiguë qui dure ; bien souvent la cause est méconnue, ou si elle est connue, elle est incurable, et il n’est dès lors pas utile de multiplier les examens complémentaires ; les antalgiques habituels sont réputés peu efficaces et la première ligne thérapeutique est faite de psychotropes, malheureusement sources d’effets secondaires ; les réseaux neuronaux sont modifiés chez le patient douloureux chronique, et ceci est la conséquence des douleurs ; il y a une prédisposition génétique à développer une douleur chronique dans les suites d’une douleur aiguë, et les événements de la vie passée ont une part de responsabilité ; le retentissement psychologique délétère est un facteur d’aggravation des douleurs.

Mais cela, c’était avant. Avant que je ne sois moi-même affecté par des douleurs chroniques. Un peu casse-cou, j’avais dans ma vie eu mon lot de traumatologie douloureuse que j’avais surmonté avec la conviction de la restitution ad integrum qui a toujours fini par arriver. Il y a huit mois, à l’occasion du déménagement anticipé du service que je dirige vers un autre hôpital (dans lequel, je l’avoue, je n’avais pas réellement envie de m’installer), j’ai fait une sciatique paralysante L5 droite sans la moindre lombalgie, qui m’a valu en urgence une intervention pour ablation du fragment discal qui avait migré vers la racine en question. Il est vrai que j’avais eu l’une ou l’autre fois un épisode régressif de lombosciatalgie dans ce territoire. J’ai découvert à l’occasion de l’examen neuroradiologique précédant l’intervention l’existence d’un canal lombaire étroit relativement serré dont j’ignorais l’existence. Et c’est dans les suites de cette intervention que mon esprit s’est un peu emballé, réactivant des souvenirs de séméiologie, et que j’ai commencé à « être attentif à mon corps » et à toutes ses manifestations. La récupération motrice a été rapide, quoique incomplète. Mais c’est alors que sont apparues des sensations anormales dans la partie distale du territoire L5, à type de picotements, de brûlures, de fourmillements, dans un territoire anesthésié au chaud et au froid, mais extrêmement sensible au toucher et à l’effleurement. Sensations très variables selon les jours, avec des hauts et des bas (sous antalgiques), et, l’une ou l’autre fois, le sentiment certains jours d’être guéri, au point de reprendre des activités sportives. Hélas, d’autres jours cela était pire. Et je me raisonnais, m’expliquant à moi-même ce que je disais aux patients atteints de douleurs neuropathiques. Mais être médecin, et avoir eu plein de patients de ce type, ajoutait une anxiété, car j’interprétais chaque nouveau symptôme (extension topographique des troubles sensitifs, impression de pincement musculaire sur la fesse ou le mollet, sensations de crampes du pied) à l’aune de mes connaissances. J’ai testé les psychotropes et bien sûr… développé les effets secondaires. J’ai testé l’hypnose, avec un mieux-être pendant la séance, mais avec une attention exacerbée aux symptômes par la suite. Le travail devenait pesant (écouter des patients raconter ce que je sentais moi-même !) et au-delà de quelques heures, j’aspirais au repos, avec l’espoir d’un lendemain meilleur.

Quatre mois après l’intervention est survenue une lombosciatalgie L5 droite, telle qu’elle est décrite dans les manuels de neurologie. Une IRM a montré une nouvelle protrusion discale, mais « sans conflit disco-radiculaire net », avec des signes inflammatoires des vertèbres adjacentes. Le neurochirurgien a récusé une réintervention, ce qui m’a rassuré, et conseillé une infiltration qui m’a soulagé de la lombalgie, mais qui a laissé persister des douleurs distales de la jambe droite. Puis, avec le temps, j’ai noté une extension des douleurs aux deux membres inférieurs, une aggravation des sensations d’endormissement des orteils, des douleurs musculaires des cuisses, et surtout une limitation de mon périmètre de marche à cause de l’apparition de « piqûres d’orties » dans la totalité des membres inférieurs et du périnée. Je savais dès lors, mais ne voulait pas le savoir, que je décompensais le canal lombaire étroit sur une récidive de hernie discale. Sous antalgiques, j’ai poursuivi le travail, de plus en plus difficilement au regard des contraintes administratives, et au regard des plaintes des patients que je ne supportais plus. Jusqu’au moment où une nouvelle IRM a confirmé la récidive de hernie et la compression des racines.
 


De l'inattendu à l'évidence.Dr Patrick Bellet
Il y a un peu plus de dix ans commençait l’aventure « Hypnose & Thérapies Brèves ». En voici quelques éléments. C’est Jean-Pierre Joly avec Daniel Renson qui en avaient posé les prémices éditoriales. Malheureusement, Jean-Pierre est décédé brutalement en janvier 2006 avant le premier numéro. Ton idée était bonne, votre idée était opportune. Dix ans plus tard, notre revue est devenue la plus importante d’Europe, la plus libre et originale du monde entier dans son domaine, comme me le confiait récemment Thierry Servillat qui m’a succédé en 2012 avec talent, élégance et intelligence. 

Commencement et partage. Dr Patrick Bellet
28 août 2015, Paris. La flûte d’Isabelle Courroy accompagne cette histoire dans laquelle les légendes et les songes s’entrecroisent. Une improvisation musicale dont le souffle rythme les départs, les commencements, leurs obstacles et leurs dépassements. Aujourd’hui, la femme-lézard de Jean Paul Forest nage en notre compagnie, glissant son corps hybride de la pénombre de la jungle jusqu’à d’autres sillons plus organiques. Temps suspendu en hypnogenèse...

Migrations en âge. Dr Dominique Megglé
Le Docteur Patrick Martin, rhumatologue de 52 ans, est en train de jouer aux billes avec ses petits copains dans la cour de récréation ; ils jouent à la tic et c’est agité : un garçon de sa classe tente de lui piquer les siennes et il se défend ; comme je suis le surveillant, il me montre discrètement son sac à trésor : elles sont toutes là, les normales, les calots, les agathes, les araignées, les porcelaines, les schroumpfs et les autres ; soudain, un sourire vengeur apparaît sur son visage : il vient de gagner un autre calot. 

Psychothérapie ericksonienne basée sur la Sagesse Universelle. Dr Teresa Robles
Teresa Robles vient nous parler de son cœur et de ses racines, complexes. De ce qu’elle a appris au contact de l’humanité où elle a grandi. Le Mexique : terre du maïs, l’une des espèces les plus nourricières, peut-être le symbole d’une fécondité universelle. Qu’est-ce que la Sagesse Universelle et comment elle est apparue, c’est en relation avec ce que je suis, c’est une longue histoire. 

L'Hypnose dans l'univers d'Amélie Poulain. Dr Olivier Deslangles
Quelques secrets dévoilés sur un fabuleux destin. Olivier Deslangles revient du ciné. Il est sous le charme. Amélie la malicieuse a su lui faire croire que les nains de jardin avaient un passeport. Elle est très forte en hypnose, Amélie. Au moins trois médecins, dont deux qui connaissent la technique, ont été subjugués. Voici ses secrets.

Des ressources sur toute la Ligne du Temps. Jane Turner
Comment la Ligne du Temps peut-elle servir dans un travail thérapeutique, y compris pour consolider les acquis du travail de changement et enrichir les ressources ?  Voilà ce que je me propose de traiter dans cet article. Comment la Ligne du Temps, modèle spécifique de transe et de transformation, permet aussi bien de trouver des remèdes aux problèmes posés qu’à rechercher, développer et consolider des ressources. Une technique particulière, « Le Générateur de Ressources », est présentée sous forme de protocole, suivie d’une proposition d’auto-application.  

Ruines et palimpsestes. Joëlle Mignot
Ou comment utiliser les strates du temps en hypnothérapie ?Vous proposer une balade ?... Car se promener dans des ruines, c’est d’abord s’imprégner d’une ambiance très particulière où l’esprit est happé par les lieux d’un calme étrange où la pierre est singulièrement reine, lumineuse souvent... Chacun de vous a des souvenirs qui sans doute affluent, qui à Rome, qui à Athènes, qui encore à Vaison-la-Romaine, qui à Carthage ou à Pompéi...Les ruines rendent la marche hésitante d’où la nécessité d’être bien chaussés.

L’arrivée de l’hypnose dans un service médical d’urgence. Dr Didier Brodsky
L’urgence se définit par le temps disponible à l’accomplissement d’un acte, un service médical d’urgence devrait donc être le lieu de la meilleure utilisation du temps. L’hypnose, par contre, n’a pas de lien fixe avec cette quatrième dimension puisqu’elle va faire varier son unité de mesure en fonction des circonstances. Comment donc associer ces deux entités – l’urgence médicale et l’hypnose – alors que l’efficacité immédiate, encore plus que l’efficience, est devenue le point d’orgue de toute organisation sanitaire ? 

L'Hypnose droit au coeur. Christine Favier
Au Centre Hospitalier Annecy-Genevois, la chirurgie cardiaque s’est développée rapidement, répondant à une demande croissante liée au développement de la région. En 2015, nous aurons réalisé 500 interventions sous CEC (circulation extra-corporelle) et à ce jour une centaine de TAVI (Transcatheter Aortic Valve Implantation). Lorsque la valve aortique est rétrécie, cela entraîne une surcharge du travail myocardique et une baisse du débit cardiaque. Le traitement de référence est le remplacement valvulaire aortique chirurgical.

« Injecter du temps au temps » Dr Stefano Colombo
La modestie suggère de s’arrêter au constat de saint Augustin (354-430) : « Qu’est-ce donc le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus. » Aristote (384-322) se posait la question si le temps est un produit de notre conscience ou s’il existe en dehors d’elle. Le changement d’aspect et de la position des astres indique un déplacement dans l’espace, un mouvement. Ce dernier nécessite de l’action du temps. Et voilà temps et espace déjà liés.

Destination Kaïros: l’éternité n’est pas de trop. Dr Régis Dumas
Un peu de temps à l’état pur…Tant qu’il n’y a pas de cela, il n’y a rien…« Le but de l’homme moderne sur cette terre est à l’évidence de s’agiter sans réfléchir, dans tous les sens, afin de pouvoir dire fièrement, à l’heure de sa mort : je n’ai pas perdu mon temps. »  Pierre Desproges. Je me rappelle encore la réflexion d’un de mes amis qui me disait à Dakar, affolé de notre course au temps : « Vous les Européens, vous avez la montre, nous les Africains, nous avons le temps. »

Entre les lignes. Aurélia Ballou
Aurélia Ballou, artiste discrète et talentueuse, accompagne l’hypnose depuis les débuts de la CFHTB. L’exposition « L’hypnose dans tous ses états », lors du 2e Forum à Vaison-la-Romaine en 2000, lui donna l’occasion d’exprimer la subtilité paradoxale de la cérémonie du thé. La précision délicate, éphémère du geste, dont la sédimentation froissée des sachets garde la chorégraphie. Origami de senteurs mêlées, rappel de ses origines asiatiques.

« La plage du temps » Dr Stefano Colombo
La vague hésite, timide, elle effleure la surface, elle s’éclipse. Le sable doute entre les courbes convexes et les concaves. La brise, légère, s’insinue entre les grains, elle s’assoupit. Les paupières changent de transparence, elles se figent. Le ciel se colore d’un azur brillant,
il s’épaissit. Le corps épouse l’arène, s’endort, il s’oublie. Les palmiers gesticulent dans un vent imaginaire, ils bourdonnent. Le rocher domine impérial, imbibé d’illusions, il se tétanise. Les couleurs se frayent un chemin entre les gouttes dispersées, elles se querellent. Les crevettes, indécises, s’enquièrent du fond marin, elles s’y abandonnent. Les poissons se faufilent entre les perles aquatiques, ils s’enflamment.

"Docteur, j’ai quelque chose...". Sophie Cohen
« Docteur, j’ai quelque chose à vous dire ; en plus de quinze ans je n’ai jamais osé, mais... » Il y a peu, une personne me raconte cette pépite d’histoire. Alors, voici un accompagnement possible… Vous souvenez-vous du temps des étiquettes sur les manteaux ? Que de fois ai-je vu ma mère assise près de la fenêtre au salon, attelée à son ouvrage, elle cousait, raccommodait, brodait patiemment. Combien de fois ai-je vu ma mère qui coud ces petites étiquettes. Je la vois, maintenant, avec la patience inégalable de l’amour, avec le temps qu’il fait, pluvieux, beau ou neigeux, elle se pose près de la fenêtre.

Le baquet moral existe. A Rouen ! Dr Patrick Bellet
Aujourd’hui, « Références » s’ouvre sur une redécouverte du passé, l’existence d’un deuxième baquet de Mesmer, et peut-être, plus important encore, la « preuve indirecte » de son fameux secret. 2015 a été l’année des IXe Forum de la CFHTB et XXe Congrès mondial d’Hypnose à Paris, c’était aussi le bicentenaire de la mort de Franz Anton Mesmer à Meersburg, près du lac de Constance. Pour commémorer cet événement, nous avions envisagé de présenter le baquet de Mesmer à Paris.

Contes de temps sans mesure. Christine Guilloux
Un thème donné, une orientation vers le futur, le numéro 41 d’« Hypnose et Thérapies brèves » est à venir au joli mois de mai. Un thème donné, la temporalité. Une marque à poser sur le chemin pour célébrer dix ans d’existence. Aux confins du futur et du passé, un exercice de style pour tordre le cou aux idées reçues comme aux accélérations du temps. Quelles idées reçues ? Quelles accélérations du temps ? Voyager plus vite que la lumière, à la « warp speed » comme dans Star Trek et démontrer qu’Einstein avait tort quant aux limites de l’espace-temps ? 

Le temps de la douleur chronique. Pr André Muller
Itinéraire sensible d’un expert. C’est égoïstement que j’aimerais faire part de mon expérience. Médecin anesthésiste-réanimateur, agrégé de thérapeutique, algologue, je m’occupe de patients douloureux chroniques depuis près de quarante ans. Bien au fait des différences qui existent entre une douleur aiguë et une douleur chronique, j’ai toujours pris le temps d’expliquer à mes patients ces différences, insistant sur le fait que ce n’est qu’exceptionnellement que l’on peut « réduire à zéro » une douleur chronique, et qu’au mieux on peut espérer, grâce à une prise en charge pluriprofessionnelle, une amélioration suffisante pour rendre le quotidien vivable. 


Céline Chervy
Chargée de communication En savoir plus sur cet auteur

Rédigé le 12/07/2016 à 13:11 | Lu 578 fois modifié le 12/07/2016





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